L’enfer

Que dit la Bible sur l’enfer ? Le sujet de l’enfer a depuis longtemps marqué l’imaginaire collectif. Les fresques médiévales et les œuvres littéraires montrent souvent l’enfer comme un royaume rempli de flammes qui ne s’éteignent jamais. Un diable avec des cornes règne sur cet endroit, et les âmes de « mauvaises personnes » subissent des punitions physiques et des tourments sans fin. Cette image, puissante et terrifiante, a traversé les siècles, mais a aussi empêché de voir comment la Bible décrit plus précisément ce qui arrive après la mort.

Dans ce chapitre, le but n’est pas d’entretenir les mythes mais de les mettre à l’épreuve des Écritures. Nous allons déconstruire la simplification tardive du mot « enfer » pour retrouver la richesse et la nuance des termes originaux. Nous passerons du Sheol hébraïque – domaine des morts – au Hadès grec – séjour des morts dans le Nouveau Testament – pour aboutir à la Géhenne – image du jugement définitif. Ce parcours sur le sens des mots nous révélera comment la compréhension de la destinée après la mort se précise progressivement dans la révélation biblique et prend tout son sens avec la victoire du Christ sur la mort.

Nous allons étudier ce que les Écritures affirment réellement, sans rien y ajouter. Car la précision des mots révèle la profondeur de la justice et de la miséricorde divine.

I. LES MOTS BIBLIQUES POUR « ENFER »

Le mot « enfer » n’existe pas tel quel dans les textes bibliques originaux. Les traductions françaises utilisent ce terme générique pour traduire plusieurs mots distincts, dont le sens diffère selon les époques et les contextes.

1. Sheol (שְׁאוֹל) en hébreu : désigne le séjour des morts. Il peut concerner aussi bien les justes que les injustes, sans connotation nécessairement punitive.

Genèse 37:35 Tous ses fils et toutes ses filles vinrent pour le consoler ; il ne voulut recevoir aucune consolation. Il disait : C’est en pleurant que je descendrai vers mon fils au séjour des morts (sheol) ! Et il pleurait son fils.

C’est la première occurrence du mot « Sheol » dans la Bible. Jacob pense que son fils Joseph est mort et exprime son désir de le rejoindre au séjour des morts.

2. Hadès (ᾅδης) en grec : terme grec couramment employé dans la Septante pour traduire le Sheol et repris dans le Nouveau Testament. Il désigne le séjour des morts et ne signifie pas en lui-même « enfer de feu » ou « châtiment éternel ». Le Nouveau Testament distingue toutefois clairement le sort des justes de celui des injustes après la mort.

Matthieu 11:23 Et toi, Capernaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts (hadès) ; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui.

C’est la première occurrence du mot « Hadès » dans le Nouveau Testament. Jésus prononce un jugement contre Capernaüm qui a rejeté son message.

3. Géhenne (γέεννα, géenna) : dérive de l’hébreu Gê Ben-Hinnom (vallée du fils de Hinnom), située au sud de Jérusalem. Ce lieu, où l’on offrait jadis des enfants en sacrifice à Moloch (Moloc, Molech, ou Molek selon les versions), devint sous les prophètes le symbole du jugement divin. Dans les Évangiles, Jésus reprend ce nom comme image du jugement définitif.

Matthieu 5:22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère : Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne.

C’est la première occurrence du mot « Géhenne » dans le Nouveau Testament. Jésus l’utilise dans le Sermon sur la Montagne pour avertir de la gravité de la colère et du mépris et du jugement auquel ils s’exposent.

4. Tartare (ταρταρόω) : en 2 Pierre 2:4, le verbe grec tartaroō (ταρταρόω), employé une seule fois dans le Nouveau Testament, décrit la mise en détention d’anges ayant péché, dans l’attente du jugement.

2 Pierre 2:4 Car, si Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais s’il les a précipités dans les abîmes de ténèbres (tartare) et les réserve pour le jugement;

Ainsi, le mot « enfer » est une simplification tardive dans les langues modernes. Les textes bibliques parlent plutôt de séjour des morts, feu éternel, jugement ou seconde mort, selon les contextes.

II. LA VALLÉE DE HINNOM : ORIGINE DU SYMBOLE

La vallée de Hinnom (hébreu Gê Ben-Hinnom, vallée du fils de Hinnom) était un lieu réel, au sud de Jérusalem. C’est là que certains rois d’Israël, infidèles à Dieu, ont offert leurs enfants en sacrifice au dieu Moloc.

2 Rois 23:10 Le roi souilla Topheth dans la vallée des fils de Hinnom, afin que personne ne fît plus passer son fils ou sa fille par le feu en l’honneur de Moloc..

Jérémie 7:31-32 Ils ont bâti des hauts lieux à Topheth dans la vallée de Ben-Hinnom, pour brûler au feu leurs fils et leurs filles : ce que je n’avais point ordonné, ce qui ne m’était point venu à la pensée. C’est pourquoi voici, les jours viennent, dit l’Éternel, où l’on ne dira plus Topheth et la vallée de Ben-Hinnom, mais où l’on dira la vallée du carnage.

Ce lieu associé à l’idolâtrie, au sacrifice d’enfants et au jugement devint une image particulièrement forte du jugement divin.

III. L’ENSEIGNEMENT DE JÉSUS SUR LA GÉHENNE

Jésus emploie à plusieurs reprises le mot Géhenne pour évoquer la réalité du jugement définitif.

Matthieu 5:22 Celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne.

Matthieu 10:28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.

Marc 9:43-48 Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point.

Ces images du feu expriment avec force la gravité du jugement. Qu’il s’agisse d’un feu littéral ou d’une image exprimant une réalité spirituelle, ce jugement demeure pour ceux qui refusent Dieu.

La tradition chrétienne majoritaire affirme un tourment éternel conscient. D’autres interprètent ces textes comme décrivant une destruction définitive (annihilationisme). Nous présentons ici la position historique, tout en reconnaissant l’existence de ce débat théologique.

IV. L’ENFER COMME SÉPARATION D’AVEC DIEU

L’enfer n’est pas décrit dans la Bible comme un royaume autonome du diable. Il est notamment présenté comme exclusion de la présence bienfaisante de Dieu et comme jugement.

Matthieu 25:41 Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.

2 Thessaloniciens 1:9 Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force.

V. LE FEU ÉTERNEL : IMAGE OU RÉALITÉ ?

Les images du feu, des ténèbres et des pleurs sont fréquentes dans le langage biblique. Elles expriment la gravité du jugement et ses conséquences, sans nécessairement constituer une description matérielle d’un lieu.

Marc 9:48 Là, leur ver ne meurt point, et le feu ne s’éteint point.

Apocalypse 20:14-15 La mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort, l’étang de feu. Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu.

Dans les Évangiles, les références au Royaume de Dieu ou des Cieux sont beaucoup plus nombreuses que les occurrences du mot Géhenne. À titre indicatif, selon la méthode de comptage retenue :

Royaume de Dieu (ou des Cieux) :

Matthieu : +50 fois (surtout « Royaume des cieux »)

Marc : 18 fois

Luc : 32 fois

Jean : 5 fois (dont Jean 3:3,5)

Géhenne :

Matthieu : 7 fois (5:22, 29, 30 ; 10:28 ; 18:9 ; 23:15, 33)

Marc : 3 fois (9:43, 45, 47)

Luc : 1 fois (12:5)

Jean : 0 fois

Observation importante : La fréquence lexicale ne permet pas à elle seule de mesurer l’importance théologique d’un enseignement. Ces chiffres permettent de réaliser que Jésus parle beaucoup plus fréquemment du Royaume de Dieu que de la Géhenne. La plupart des mentions de la Géhenne constituent des avertissements solennels plutôt que des descriptions détaillées de l’enfer lui-même.

VI. RÉSUMÉ : LES PRINCIPAUX TERMES BIBLIQUES ASSOCIÉS À L’ENFER

Terme bibliqueSensRéférence principale
Sheol / HadèsTermes hébreu et grec associés au domaine ou séjour des mortsPsaume 16:10, Luc 16:23
GéhenneImage du jugement définitifMatthieu 5:22, 10:28
Étang de feu / seconde mortCondamnation finale lors du jugement dernierApocalypse 20:14-15

VII. JÉSUS, LA MORT ET LE HADÈS

Le texte grec d’Actes 2:27 cite le Psaume 16:10 (15:10 dans la Septante) :

ὅτι οὐκ ἐγκαταλείψεις τὴν ψυχήν μου εἰς ᾅδην, οὐδὲ δώσεις τὸν ὅσιόν σου ἰδεῖν διαφθοράν.

« Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le Hadès, et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. »

Le verbe grec ἐγκαταλείπω (enkateleipō) signifie abandonner, délaisser.

Pierre, dans son discours, applique cette parole à Jésus. Il explique que David parlait prophétiquement du Messie, dont l’âme n’a pas été laissée dans le Hadès, et dont le corps n’a pas connu la décomposition.

Pierre affirme ainsi que Jésus n’a pas été abandonné au Hadès : Dieu L’a ressuscité, et Son corps n’a pas connu la corruption. La mort ne L’a pas retenu : Dieu L’a ressuscité, accomplissant ainsi la parole prophétique du Psaume 16:10.

Ce triomphe trouve son écho dans Apocalypse 1:18, où Jésus déclare :

ἐγενόμην νεκρὸς, καὶ ἰδοὺ ζῶν εἰμι εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, καὶ ἔχω τὰς κλεῖς τοῦ θανάτου καὶ τοῦ ᾅδου.

« J’étais mort, et voici, je suis vivant aux siècles des siècles ; et je tiens les clés de la mort et du Hadès. »

Les clés (κλεῖς) symbolisent l’autorité et la souveraineté. Ressuscité et vivant aux siècles des siècles, Jésus affirme ainsi Son autorité sur la mort et le Hadès.

Par Sa résurrection, Il a triomphé de la mort et manifeste Son autorité souveraine sur elle et sur le séjour des morts.

Note théologique : La descente du Christ au séjour des morts a reçu différentes interprétations dans les traditions chrétiennes. Le Symbole des Apôtres confesse qu’Il « est descendu aux enfers », mais les Écritures donnent peu de détails sur ce qui s’est précisément produit entre Sa mort et Sa résurrection. Certaines traditions y voient notamment la proclamation de Sa victoire ; d’autres y associent également la délivrance des justes qui attendaient l’accomplissement de la rédemption. Nous distinguerons donc ce que les textes affirment explicitement des interprétations qui cherchent à les articuler entre eux.

VIII. LA DESCENTE DU CHRIST ET LE SÉJOUR DES MORTS

Plusieurs passages du Nouveau Testament ont été rapprochés de la descente du Christ au séjour des morts.

Éphésiens 4:8-10 C’est pourquoi il est dit: Etant monté en haut, il a emmené des captifs, Et il a fait des dons aux hommes. Or, que signifie: Il est monté, sinon qu’il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre ? Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses.

L’expression « les régions inférieures de la terre » a reçu plusieurs interprétations. Certains y voient la descente du Christ sur la terre dans Son incarnation et Son abaissement ; une lecture chrétienne ancienne et largement répandue y voit Sa descente dans le séjour des morts. Dans cette seconde compréhension, les « captifs » emmenés par Christ ont notamment été identifiés aux justes qui attendaient l’accomplissement de la rédemption. Le texte ne permet cependant pas de l’affirmer.

Ce qui est certain, c’est le mouvement d’abaissement puis d’exaltation du Christ : Celui qui est descendu est aussi Celui qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses.

Un autre passage souvent rapproché de cette question se trouve dans la première épître de Pierre :

1 Pierre 3:18-19 Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l’Esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison (phylakē).

Le mot φυλακή (phylakē) désigne un lieu de garde ou de détention. Le texte ne précise ni exactement l’identité de ces « esprits » ni le contenu de la proclamation de Jésus. Plusieurs interprétations existent, notamment celle d’une proclamation de victoire aux puissances rebelles.

Note : La nature exacte de cette proclamation aux « esprits en prison » fait débat parmi les théologiens. Certains y voient une annonce de victoire aux anges déchus du temps de Noé, d’autres une proclamation adressée aux justes qui attendaient l’accomplissement de la rédemption. Le texte n’est pas suffisamment explicite pour trancher avec certitude entre ces interprétations.

Enfin, le récit du riche et de Lazare (Luc 16:19-31) apporte un éclairage important sur la destinée après la mort. Jésus y décrit le riche dans le Hadès, en proie aux tourments, et Lazare consolé auprès d’Abraham, un « grand abîme » infranchissable les séparant.

Le sein d’Abraham

Le « sein d’Abraham » (κόλπος Ἀβραάμ – kolpos Abraam) apparaît uniquement dans Luc :

Luc 16:22-23 Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.

Dans le récit du riche et de Lazare, Jésus utilise l’image du « sein d’Abraham » pour décrire Lazare consolé auprès d’Abraham après sa mort.

L’image exprime ici l’accueil auprès d’Abraham, le réconfort et la paix après la souffrance terrestre.

Une interprétation chrétienne traditionnelle comprend le « sein d’Abraham » comme la condition ou le lieu de consolation des justes dans le séjour des morts, distinct du lieu de tourment des injustes. Luc 16 ne précise toutefois pas explicitement que le « sein d’Abraham » constitue une partie du Hadès.

Le Nouveau Testament présente en revanche clairement l’espérance du croyant comme le fait d’être auprès du Seigneur. Paul dira :

2 Corinthiens 5:8 Nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur.

En rapprochant ces différents passages, une interprétation chrétienne traditionnelle comprend que le Christ, victorieux de la mort, a conduit auprès de Dieu les justes qui attendaient l’accomplissement de la rédemption. Cette lecture est possible, mais les textes ne décrivent pas directement un transfert du « sein d’Abraham » vers le Paradis. Ce qui est certain, c’est que le Christ a vaincu la mort et que le Nouveau Testament présente clairement l’espérance du croyant comme le fait d’être auprès de Lui (2 Corinthiens 5:8 ; Philippiens 1:23).

IX. DISTINCTION ENTRE HADÈS, GÉHENNE ET PARADIS

La résurrection du Christ constitue le fondement de l’espérance chrétienne face à la mort. Le Nouveau Testament permet notamment d’établir les distinctions suivantes :

1. Le Paradis (Παράδεισος – Paradeisos)

Ce mot grec, emprunté à l’ancien perse, désigne un « jardin » ou « parc ». Jésus l’emploie sur la croix :

Luc 23:43 En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.

Dans le Nouveau Testament, le Paradis est présenté comme une réalité bienheureuse :

2 Corinthiens 12:4 Il fut enlevé dans le paradis et y entendit des paroles ineffables…

Philippiens 1:23 J’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur.

Ces passages, rapprochés de l’espérance exprimée par Paul d’être avec Christ, associent la destinée du croyant à une réalité bienheureuse auprès du Seigneur.

2. Le Hadès (ᾅδης)

Dans Apocalypse 20, le Hadès apparaît comme une réalité provisoire qui rend ses morts au moment du jugement dernier.

Apocalypse 20:13 La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts (Hadès) rendirent les morts qui étaient en eux, et chacun fut jugé selon ses œuvres.

Ce verset montre que le Hadès est provisoire : il livrera ses morts avant d’être lui-même jeté dans l’étang de feu (Apocalypse 20:14 – voir ci-après).

3. Le jugement définitif : Géhenne et étang de feu

Lors du jugement dernier, le Hadès est jeté dans l’étang de feu, que l’Apocalypse appelle « la seconde mort ».

Apocalypse 20:14 La mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort.

La Géhenne, dans l’enseignement de Jésus, et l’étang de feu, dans l’Apocalypse, sont ainsi deux expressions bibliques associées au jugement définitif.

Ainsi, les textes bibliques établissent une distinction claire :

TermeLangueSens bibliqueRéférences
SheolHébreuDomaine des morts dans l’A.T., concernant justes et injustesGenèse 37:35
Job 14:13
HadèsGrecSéjour des morts, présenté comme provisoire dans Apocalypse 20Luc 16:23 ;
Apoc. 20:13
Paradeisos (Paradis)GrecPrésence bienheureuse auprès de Dieu pour les rachetésLuc 23:43 ;
2 Cor. 12:4 ;
Phil. 1:23
Géhenne / étang de feuGrecExpressions bibliques associées au jugement définitifMatth. 10:28 ; Apoc. 20:14-15

Ces distinctions mettent en lumière la portée de la victoire du Christ :

  • En Lui, les croyants ont l’espérance de demeurer auprès de Dieu ;
  • Il a vaincu la mort et détient les clés de la mort et du Hadès ;
  • le jugement final demeure pour ceux qui demeurent séparés de Dieu.

X. CONCLUSION : DE LA MORT À LA VIE

L’étude des différents termes bibliques nous permet de mieux comprendre ce que l’Écriture révèle sur la mort et le jugement. Dans l’Ancien Testament, le Sheol désigne le domaine des morts. Dans le Nouveau Testament, le Hadès apparaît comme une réalité provisoire liée à la mort, tandis que la Géhenne et l’étang de feu évoquent le jugement définitif.

Mais au centre de cette révélation se trouve Jésus-Christ.

Il est réellement mort, mais la mort n’a pu Le retenir. Son âme n’a pas été abandonnée au Hadès et Son corps n’a pas connu la corruption. Par Sa résurrection, Il a triomphé de la mort et manifeste Son autorité sur elle et sur le séjour des morts.

Certains passages, notamment Éphésiens 4:8-10 et 1 Pierre 3:18-19, ont traditionnellement été compris comme décrivant Sa descente dans le séjour des morts, la proclamation de Sa victoire et, selon une interprétation ancienne, la délivrance des justes qui attendaient l’accomplissement de la rédemption. Les textes ne permettent cependant pas d’établir avec certitude tous les détails de cette chronologie.

Ce que le Nouveau Testament affirme clairement, c’est que l’espérance du croyant est d’être avec Christ. Paul désirait « s’en aller et être avec Christ » (Philippiens 1:23) et parlait de quitter ce corps pour « demeurer auprès du Seigneur » (2 Corinthiens 5:8).

La mort n’a donc pas le dernier mot. Le Hadès lui-même est provisoire : Apocalypse 20 annonce qu’il rendra ses morts avant d’être jeté dans l’étang de feu, la « seconde mort ». Au terme de l’histoire, deux destinées demeurent : la vie éternelle auprès de Dieu ou le jugement définitif.

Jésus peut ainsi déclarer :

Apocalypse 1:18 Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts.

Et Paul proclamer :

1 Corinthiens 15:54-55 La mort a été engloutie dans la victoire. Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ?

Voilà le cœur du message chrétien : Jésus est mort, Il est ressuscité et, parce qu’Il vit, ceux qui Lui appartiennent vivront aussi.

Mon ami, cette victoire n’est pas seulement une vérité théologique à connaître. Elle te concerne personnellement.

Jésus a dit :

Jean 11:25-26 Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.

Jésus a volontairement affronté la mort pour nous en délivrer et nous donner la vie. Il a porté nos péchés, Il est mort pour nous et Il est ressuscité. Voilà jusqu’où va l’amour de Dieu pour toi.

Jean 3:16 Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

Jésus n’est pas venu dans le monde pour le condamner, mais pour le sauver (Jean 3:17). Dieu t’appelle aujourd’hui à te tourner vers Lui. Il ne te demande pas de devenir parfait avant de venir à Lui. Il t’appelle à croire. Si tu souhaites comprendre concrètement cette invitation, découvre comment être sauvé selon la Bible.

Reconnais ton état de pécheur et ton besoin d’un Sauveur. Crois que Jésus est le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour toi. Reçois-Le comme ton Seigneur et Sauveur.

La question n’est donc pas seulement : « Qu’y a-t-il après la mort ? » La question essentielle est : « Où seras-tu, et avec qui passeras-tu l’éternité ? »

En Jésus-Christ, la mort n’a pas le dernier mot : au-delà d’elle s’ouvre la vie éternelle auprès de Lui.